mardi 30 août 2016

Incipit



Incipit.

Premiers mots, première phrase d’une œuvre chantée ou écrite, un « Incipit » vient du verbe latin « incipere » voulant dire « commencer ». Il sert à introduire un texte pour donner envie d’aller plus loin. L’incipit peut s’étendre à plusieurs phrases ou paragraphes. A contrario, l’ « Explicit », conclue, termine, ferme un chapitre ou une histoire…

Le but de l’incipit est d’annoncer, de donner envie, d’informer sur des détails marquants afin de tenir le public pour ne plus le lâcher.

Ce mot magique est connu de tous les auteurs qui connaissent les échantillons d « incipit » les plus célèbres. Quelques exemples :

Anna Karénine, de Tolstoï (1877)
« Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon. »

Du côté de chez Swann, de Proust (1913)
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »

L’étranger, de Camus (1942)
« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. »

La Gloire de mon père, de Pagnol (1957)
« Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. »

La Métamorphose, de Kafka (1915)
« Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en véritable vermine. »

Moby Dick, de Melville (1851)
« Appelez-moi Ismaël. Il y a quelques années de cela- peu importe combien exactement- comme j’avais la bourse vide, ou presque, et que rien d’intéressant ne me retenait à terre, l’idée me vint de naviguer un peu et de revoir le monde marin. »

Orgueil et Préjugés, de Jane Austen (1796/1813)
« C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier. »

La Promesse de l’Aube, de Romain Gary (1960)
« C’est fini. La plage de Big Sur est vide, et je demeure couché sur le sable, à l’endroit même où je suis tombé. »

Etc.

Et vous, quels sont vos incipits préférés ?

*
Mémo : Ce blog Rackham Le Rouge avait commencé par un texte de ce genre, L'île au Trésor, et j’eus droit à ce premier commentaire : « Formidable cet incipit de blog ! »
Comme quoi…

Pourtant, et je sais bien que ce n’est pas un incipit, Stephen King a écrit quelque part une phrase qui m’a toujours donné envie d’être un auteur :

« On a tous besoin de croire en quelque chose, et moi je crois que je vais prendre une autre bière. » 

Besos

Jack Rackham


                                           Image du film "The Lady" de Luc Besson.

mardi 19 juillet 2016

Le Magicien d'Oz



Dans l’univers du temps qui passe, il y a quelques planètes où vivent des êtres qui entre les courses de goélettes habitées et les vols de mouettes, ont inventé l’art du cinéma. Quelques pellicules et bobines avant l’heure du numérique, les séquences se sont fixées pour raconter des aventures réelles ou imaginaires,  l’été caniculaire donnant illusion du temps arrêté propice aux rêves ainsi immortalisés.

Le Magicien d’Oz est venu un jour sur le pont d’un Capitaine, premier grand film d’un chapelet de perles vivantes. L’histoire d’un petit chien Toto qui sans le vouloir va entrainer sa jeune maîtresse dans un tourbillon de péripéties...

Dorothy Carter vit dans le Kansas chez sa tante Olympe et son oncle Henry qui travaillent à la ferme. La vie est déjà difficile, même s’ils sont aidés par trois ouvriers agricoles, mais c’est sans compter sur la méchante et riche voisine Miss Gale (Attention, ce sont les noms de la version française) qui veut emprisonner Toto et les tornades qui compliquent leur quotidien. La jeune fille se sentant mal comprise s’enfuit avec son chien et rencontre sur la route le professeur Marvel, un saltimbanque magicien qui la persuade bientôt de rentrer à la maison. Sur le chemin du retour, il y a malheureusement une tornade qui empêche les retrouvailles avec les gens de la ferme, enfermés dans une cave prévue à cet effet. C’est là que rentrant se protéger dans la maison, Dorothy reçoit une fenêtre sur la tête et se met à rêver. La maison est emportée dans les tourbillons et elle y croise plein de choses dont la satanique Miss Gale qui prend soudain l’apparence d’une sorcière sur son balai et pousse un cri, partant en trombe vers le ciel. Puis la maison commence à redescendre en piquet et on craint le pire pour la jeune fille. Mais l’atterrissage a réussi et Dorothy ouvre alors la porte sur un autre monde…
 
Aparté : Jusque là on était en bichromie ocre (ou noir et blanc) et le film passe en couleurs, ce qui rend la séquence encore plus extraordinaire. Puis on va découvrir plus loin que tous les personnages du film vont apparaitre sous une autre tunique, à commencer par la sorcière de l’Ouest, transfiguration de miss Gale avec une peau verte horrible. A noter que tous ces éléments du scénario ne font pas partie du livre original éponyme adapté de L. Frank Baum, finalement assez banal.

Dorothy rencontre Linda la fée qui arrive dans une bulle volante et lui explique son rôle.  Et que sa maison a tué la sorcière de l’Est (dont elle héritera des souliers magiques un peu plus loin) en s’écrasant. Elle fait connaissance d’un petit peuple (les Microsiens) puis se confronte avec la sorcière de l’Ouest, sœur de celle de l’Est. Qui s’en va dans un tourbillon de fumée et d’éclairs, menaçante de représailles terribles. Mais Dorothy doit suivre son chemin pour retrouver son pays via le Magicien d’Oz, le fameux chemin de « briques jaunes », sous l’ovation conjointe de tous les Microsiens.

Sur la route, elle rencontre successivement l’Homme de paille, l’Homme de fer puis le Lion, ressemblant étrangement aux trois valets de ferme du Kansas. C’est ainsi que les 4 amis accompagnés toujours du chien toto vivront de palpitantes aventures semées d’embûches dues à la vilaine sorcière de l’Ouest dont il leur faudra récupérer le fameux manche à balai pour espérer que le Magicien exauce leurs vœux les plus chers et que Dorothy retrouve le chemin de sa maison et sa famille…

Vous laissant le soin de découvrir par vous-même le film original et complet ainsi que la fin, ce qui est bien naturel pour un amateur aguerri de cinéma !

Bon film ♥

*
 Ce film (une comédie musicale pour enfants)
de 98 minutes sorti en 1939 par la Metro-Goldwyn-Mayer ne fut pas simple à réaliser, ayant vu passer successivement Richard Thorpe, George Cukor, Mervyn LeRoy (également le producteur), King Vidor et surtout Victor Fleming qui signa le film, sortant la même année un autre monument du Cinéma : Autant en emporte le Vent.
 
Ses acteurs principaux furent Judy Garland (Dorothy), Frank Morgan (Oz/Marvel), Ray Bolger (L’épouvantail) ainsi que Margaret Hamilton, la fameuse sorcière de l’Ouest !

NB : Je vis ce film pour la première fois à 7 ans, après une opération des yeux qui décupla mon envie de voir le monde en couleur, d’autant que ce fut sur le premier poste de télé acquis par mes parents qui était…en noir et blanc ! 

Ah la force de l’imagination d’un enfant…^^


Jack Rackham


Ci-contre : Judy Garland chantant
"Over the Rainbow". ♫♪

jeudi 30 juin 2016

La Crique de laTête de Mort



Enfin ! On a réussi à trouver un petit coin tranquille pour garer le Poséidon. Juste à deux pas à vol de mouette du bar-restaurant de Liza qui continue de faire nos repas du midi. Le soir est réservé aux jeux de cartes, au rhum coulant à flot, aux visites des moussaillonnes ou des moussaillons.

L’endroit est discret, prolongement d’un bras de mer furtif, car nous ne pouvions pas continuer à le laisser à quai au vu et su de toute la contrée. Les réserves à bord ne risquant plus rien, nous pouvons engranger tonneaux et victuailles à volonté. Les hommes ont même installé des hamacs un peu partout sur le pont pendant l’été, sans risquer des attentats à la pudeur dénoncés par des puritains ou des jaloux.

Liza vient même de temps en en temps nous rendre visite en voisine. Elle donne des idées à Bosco pour la décoration, qui profite de ses conseils goulûment, même si je crois qu’il en est un peu amoureux. Il lui offre souvent des tartes aux fraises qu’elle mange avec plaisir devant lui en léchant copieusement ses doigts, genre à réveiller un mort abstinent depuis la saint glin-glin. C'est pour lui faire plaisir ! J’attends un peu pour le mettre au parfum de notre relation secrète car c’est un gros sensible, non mais…

Quelques matelots ont d’ailleurs taillé les roches environnantes sous ses ordres  pour donner un air de pirate à l’endroit. C’est beau et ça y fait tout à fait penser :

« La Crique de la Tête de Mort ».

C’est un nom qui a de la gueule, vous ne trouvez-pas ?

Jack Rackham

PS : L’été, c’est le moment où même les mouettes se reposent. Et même votre serviteur…

vendredi 24 juin 2016

Les étés de Porcelaine




Deux petits bonhommes sur un ponton, balançant leurs pieds au dessus des flots, se tenant par le cou et se faisant des serments pour toujours.

- Quand je serais grande, je me marierais avec toi !
- Moi aussi… 

Elle pose sa tête sur son épaule et il vient de grandir de vingt mètres de haut. Il sent aussi son tricorne pousser, car il deviendra Capitaine et sillonnera les mers jusqu’au Caraïbes…

*

J’aime l’été quand la moiteur atteint le point juste au dessus de la canicule, que la perle sur le nez est signe d’insouciance comme ultime avant-coureur du bonheur accompli. C’est cette atmosphère qui règne dans le bar de Liza qui sans rien demander amène les boissons glacées au fur et à mesure de l’après-midi. 

Le Cinéma, art moderne que le monde découvrira plus tard, a su écrire des histoires et générer ces films cultes qui racontent des amours de vacances où les générations se croisent, se mélangeant parfois mais chacun vivant des situations inattendues dues à la chaleur de l’été et aux sentiments exacerbés. 

Tels A Nous les Petites Anglaises, Les Bronzés, Camping, Descente aux Enfers, Faustine et le Bel été, Pauline à la Plage, Les Randonneurs, l’Année des Méduses, Un Moment d’égarement, Les Vacances de Mr Hulot entre autres, et le légendaire L’Hôtel de la Plage et ses chansons inoubliables…^^

Jack Rackham

Photo du haut : Ne le dis à Personne, film.

dimanche 19 juin 2016

Les Sucettes de Maia




Quelques gouttes de pluie avait jeté un peu de tristesse sur ses vacances mais le petit Rackham rêvait d’autres images au goût du défendu, comme de la vision atomique du décolleté de la maîtresse ou d’un tour en tricycle à l’arrière de Maia dont il pourrait serrer la taille comme à la télé, et sentir sa bonne odeur de fraise Tagada.

Les deux amis allaient bon train sous le ciel incertain mais peu importait le temps du moment qu’il le passait ensemble. Son coup de pédale endiablé la faisait beaucoup transpirer mais Jack aimait ce partage, cette immersion dans son intimité qui lui rappelait la pêche aux oursins l’été avec son grand-père Louis. Son nez embaumé et ses mains occupées, il était aux anges avec Maia dont il sentait les formes en action, qui préfigurait les longues chevauchées avec Katia vers son Île au Trésor. Sur l’instant, il ne pensait qu’à ne pas tomber (et ne pas perdre son chapeau Spirou) et aussi à la promesse de son amie faite sous serment dans l’après-midi : Une sucette.

Il l’imaginait de tous les parfums, de réglisse à abricot, même si le côté canaille de la petite rouquine pouvait basculer rapidement vers un moutarde-salsifi ou crème de cafard-amandes inattendu.

Alors les yeux déjà émoustillés de sa future récompense, il regardait devant lui ne voyant pas le sourire en coin de Maia qui se régalait d’avance du bon tour qu’elle allait jouer à son ami, mais qui lui en serait reconnaissant toute sa vie… 


Jack Rackham

PS : Le petit Jack pensait aussi furieusement à cette génoise aux pêches promise par son amie Orfénique, un nom de code peut-être, mais ça ce sera une autre histoire…^^